Le dernier camp de la mort

Paru le 3 janvier 2017

Il fit cinq fois plus de victimes que le naufrage du Titanic. Voici l’histoire méconnue de la pire catastrophe navale de la Seconde Guerre mondiale. Alors même que Hitler s’était déjà enfermé dans son bunker, Himmler avait ordonné d’évacuer les déportés du camp de Neuengamme vers les ports de la Baltique. L’Allemagne était en plein chaos, on était à cinq jours de la capitulation, trois jours après le suicide du Führer. Les hommes furent entassés dans un ancien paquebot qui avait été le fleuron de la marine marchande allemande, le Cap Arcona, que les SS avaient soigneusement dépouillé de tout moyen de sauvetage, gilets comme canots. En baie de Lubeck, en compagnie de deux autres bateaux de moindre importance, le véritable camp de la mort flottant fut attaqué, bombardé et coulé par l’aviation alliée – la Royal Air Force – qui, sur la foi de mauvais renseignements, croyait que la flottille transportait seulement des SS (les pilotes britanniques ne l’apprirent qu’après). Cela causa la mort de plus de 8 000 personnes dont 7 000 déportés de multiples nationalités d’Europe (Belges, Tchèques, Polonais, Français,Danois), pour la plupart des résistants à l’occupation nazie. Relatant avec minutie le déroulement de cette tragédie depuis Neuengamme jusqu’à son issue fatale, les auteurs évoquent également le destin individuel de nombreux passagers du Cap Arcona. Certains sont des victimes ordinaires, d’autres de véritables héros, tous méritent de retenir l’attention de l’historien. Un livre haletant qui fourmille de révélations et se lit tel un roman.

Mathilde Aycard et Pierre Vallaud, historiens, sont les auteurs de nombreux ouvrages d’histoire, en particulier sur le XXe siècle et les deux guerres mondiales.

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