Contre la bienveillance

Paru le 23 mars 2016

La montée du fondamentalisme religieux, tout spécialement, mais pas seulement, islamique ; la montée des populismes, de droite comme de gauche, accompagnée d’un discrédit grandissant de la classe politique et du rejet de la construction européenne, fait que nous avons affaire à une situation entièrement nouvelle, qui rend caducs les schémas anciens, à savoir :
– l’idée que la démocratie est hautement désirable pour tous, et qu’elle peut indéfiniment tolérer toutes les différences qui veulent s’y exprimer ;
– l’idée que les populismes sont des programmes infâmes qui ne méritent pas une seconde de discussion et que leurs adeptes doivent être traités par le mépris ;
– l’idée qu’en politique internationale, il faut être bienveillant et aider les déshérités.
Oui ! Il y a des croyances insupportables et intolérables. Non ! Le populisme n’est pas une illusion qui se dissipera d’elle-même. Non ! La politique internationale n’obéit pas aux chartes du droit international.
Enfin, il faut s’attaquer à la tyrannie des bons sentiments, à la politique de l’émotion et de la compassion, à la tyrannie de la bienveillance. Non que la bienveillance soit un sentiment indigne, bien entendu, mais il faut cesser de croire qu’on peut bâtir sur elle une communauté politique.
Ce livre rappelle que l’appartenance à une communauté politique se construit sur le renoncement réfléchi à certaines particularités pour asseoir la souveraineté collective, que les droits ne sont pas des dus mais le corrélat de devoirs assumés, que la Res publica, le bien commun, présupposent ces renoncements qui ne peuvent pas être considérés comme « allant d’eux-mêmes ».

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